Budget 2025 de la Région : Un budget de renoncements, à rebours des intentions affichées et des besoins réels
- 20 mars 2025
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Réunis ce jour en séance plénière, dans la lignée de leurs interventions lors du Débat d’Orientation Budgétaire, les Conseillers régionaux socialistes et communistes des hauts de-France se sont opposés au budget présenté pour l’année 2025.
Par la voix de Sarah Kerrich-Bernard, Présidente du Groupe, ils ont dénoncé « des arbitrages discutables, des baisses de financement préjudiciables et un manque de vision à long terme ».
Chacun savait la situation difficile, avec la nécessité affichée par la majorité de devoir effectuer 117 millions d’euros d’économie. Cette contrainte aurait pu donner lieu à une concertation inédite entre les différents groupes. Or, « le débat n’a pas été tenu lors du CFU, ni lors du ROB, ni en commission, ni même en conférence des présents. Une réunion exceptionnelle aurait pu être tenue, associant l’ensemble des représentants des groupes politiques, comme cela a pu se faire nationalement pour le budget de l’État à Bercy. Nous ne demandons qu’à mettre nos propositions et notre savoir-faire au service de la collectivité !
Ce n’est pas la voie que vous avez choisie. Cette absence de dialogue démocratique nous inquiète pour la suite. »
Qualifiant le budget de « budget de restriction et non d’ambition », Madame Kerrich-Bernard a pointé l’impact de la baisse des recettes sur les capacité d’investissement de la Région. « Comment pouvons-nous prétendre accompagner la transformation écologique et numérique de notre territoire avec un tel recul de l’investissement public ? Cette baisse compromet de nombreux projets structurants et affaiblit notre compétitivité régionale. »
Elle a ainsi fait part de l’incompréhension des élus du groupe « face à votre annonce de refuser de mettre en place le nouveau versement mobilité régional. Ce versement nous prive de 50 à 80 millions d’euros qui aurait pu être fléchés sur des investissements transports [...] pour l’année prochaine, et permettre de financer les investissements dans les mobilités décarbonées, rendus impératifs par la nécessité de désenclaver les territoires ruraux comme périurbains tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre, sans porter atteinte au pouvoir d’achat des Français. »
De la même manière, elle a mis en cause le maintien de l’exonération fiscale sur les cartes grises pour les véhicules électriques : « ce n’est pas une mesure incitative, vu ce que représente le prix d’une carte grise par rapport au prix d’un véhicule électrique. [...] Il faut poser la question de la contribution, et de la juste contribution de chacun par l’impôt : à défaut nous défaisons année après année le contrat social qui est le nôtre qui ne fonctionne que sur deux jambes : la contribution financière de chacun selon ses moyens et la répartition ensuite. Et face à cette rupture du contrat social, les populismes grondent. »
Concernant les dépenses, Madame Kerrich-Bernard a concentré son propos sur les trois grands postes de dépenses de la Région, pour dénoncer « une politique des transports incohérente », « un désengagement inquiétant dans l’éducation et la formation », et « une politique économique en recul ».
Parmi les exemples à l’appui de son propos :
• une baisse de 40 % des autorisations d’investissement pour le transport ferroviaire, « en contradiction totale avec les enjeux de la transition écologique et de la lutte contre la précarité des mobilités en milieu rural », alors que la majorité n’a investi « que sur les secteurs ferroviaires soumis à la concurrence, notamment l’étoile d’Amiens»
• « les coupes budgétaires touchent également l’éducation et la formation, secteurs pourtant essentiels pour préparer l’avenir de notre jeunesse », avec « une baisse de 50,3 millions d’euros en fonctionnement pour les lycées », ou « l’aide complémentaire aux lycéens issus de familles modestes réduite à 150 000 euros contre 500 000 euros en 2024 ».
• « le budget alloué au développement économique baisse de 11 %. Nous devrions au contraire renforcer nos aides aux entreprises et accompagner activement la transformation industrielle et numérique. »
• « les baisses de financement pour les Missions Locales, qui vont mettre en difficultés les jeunesses populaires de notre Région. La Région ne doit pas faire des économies sur le dos de nos jeunes. »
Concluant à un « budget de renoncements », Madame Sarah-Kerrich a refusé « d’avaliser un projet qui affaiblit nos investissements stratégiques, réduit les moyens de nos lycées, fragilise notre industrie, et manque cruellement d’une vision prospective. »
Les Conseillers régionaux Socialistes et Communistes interviendront toutes et tous en ce sens sur les différents chapitres du budget, tout au long des débats.
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